Alors l'été, tandis que la vrai clubbeuse s'envole pour Ibiza, la crevette, moins fortunée, part en train se faire dorer la pilule (rien à voir avec une quelconque drogue) du côté de Montpellier, histoire de changer d'air... sans changer de têtes. Car dans la capitale de l'Hérault (toujours officiellement rien à voir avec aucune drogue), durant les mois d'été, mis à part quelques « montpellier-reines » qui portent bien leur nom, c'est tout Toulouse que l'on retrouve, complètement ecstasié...-pardon- extasié.
Toujours prévoyant, le gay clubber quitte Toulouse déjà pré-bronzé en cabine UV. Car il sait d'avance que ce n'est guère son séjour sur place qui stimulera sa mélanine : à force Villa Rouge tous les soirs, et même en passant de longues heures dans le patio, il verra d'avantage la lune que le soleil. La lune décide ainsi des clubbers comme des marées.
Quoiqu'il en soit, les multiples plages gays de la région restent le plus clair du temps vides de toute crevette. Si on ramasse du mollusque au Cap d'Agde, la plage de Maguelone tire néanmoins un peu mieux son épingle du jeu. Mais ici il s'agit plus d'un défilé de mode de poissons tropicaux que d'un endroit de drague déluré, et il reste assez difficile de pêcher de la crevette rose de 20 ans. Il faut dire que toutes ces plages se situent toujours dans des endroits particulièrement reculés. Alors la crevette a-t-elle omis de se renseigner sur l'emplacement de la plage arc-en-ciel ? Son QI de cuiller à café l'a-t-il fourvoyé entre la boîte et la plage ? A-t-elle perdu le vieux qui l'a amenée en vacances en voiture ? A-t-elle confondu clubbeur et bitch ? Problématique aussi brumeuse que l'air nicotiné du kléo.
A Bruxelles en revanche, l'air est pur ; le garçon belges a le cheveu blond, le visage dégagé, l'air sain, le trait fin et le poil rare. Le visiteur sera particulièrement satisfait de trouver ici des modèles de grande taille et fort bien dessinés. Et le tout pour seulement quelques euros d'Easyjet (que l'on pourra bientôt rebaptiser « GayJet », car avec des appareils à moitié remplis d'homos où, lorsque ce n'est pas le stewart qui vous drague, c'est l'hôtesse qui se prend pour Tonya au micro, on ne peut pas dire qu'il s'agisse là d'une compagnie très straight). Bruxelles... ah! Bruxelles ! En effet, tout ceci n'a rien à voir avec l'anglais mal lavé, son gras du bide, ses poils en bataille, son haleine trop alcoolisée, et son regard de dinde ahurie. Rien à voir non plus avec le français, brun, trapu, mal fagotté, aux dimensions mesquines et à l'½il malsain. Le bruxellois, lui, ne s'est pas arrêté en plein croissance et ne semble rongé par aucune maladie apparente. Elancé, l'air dégagé, il respire la santé... et fait tourner les têtes de nombres de touristes gays de passage.
Cherchant « Louise Gallery », notre visiteur décidera vraisemblablement de s'aventurer du côté du CABARET. Là, notre touriste toulousain retrouvera sûrement très ému – voir la larme à l'½il – la grande ambiance de feu le B MACHINE, à sa « grande » époque : quelques bonnes pintades du terroir et des musiques cheaps , incluant notamment quelques passages de « Oh la la » sauce locale, remplis de vieux « TUBES» francais qui en viennent presque à faire regretter les BELGES de la Star Acc' ou le dix millionième repassage des vieux Claude François dont on nous rebat les oreilles lors des soirées toulousaine du kléo . Mais peu importe, fêtons donc l'amitié franco-belges comme il se doit ! Minou Minou tu es ou ?
Pour rester dans cette ambiance de résurrection du B machine des « années folles », Arena, à Barcelone, propose également au touriste des soirées à l'ambiance carefree, jeune et bon marché. Ici, si l'on met une nouvelle fois les nombreux toulousain de côté, les cheveux sont plutôt bruns, mais les garçons catalans restent en général fins mignons et imberbes. Et la soirée phare d'Arena est sans conteste la traditionnelle soirée mousse du mercredi soir. Si lors des soirées mousse du kléo on trouve plutôt des Monsieur Propre en train de s'astiquer la tuyauterie, lors des traditionnelles foam party d'Arena on aura plutôt le plaisir de trouver entre les nuages de mousse les petits anges de Saint Marc ménage, en train de savonner leurs voisins et plus si affinités... et c'est un euphémisme que dire que la mousse favorise les affinités. Surtout lorsque les petits anges laissent t-shirt et pantalon dans des sacs en plastique au vestiaire pour aller s'ébattre en caleçon dans la mousse. « Choquing ! » dirait le toulousain.
Le toulousain focalisera ainsi plus volontiers son attention sur Salavation. Le toulousain aime en effet se déplacer à Barcelone pour ne pas être dépaysé et retrouver l'ambiance kléo. Comme à la maison. Si le vendredi offre dans la salle variétés un éventail intéressant de jeunes gens évadés d'Arena dansant sur un peu tout et n'importe quoi, le samedi, et surtout la salle techno-clubbeur, est avant tout réservé aux carnivores amateurs de viande musclée. Et encore faut-il avoir dans cette ambiance le c½ur bien accroché sous peine de devenir radicalement végétarien : défilé ininterrompu de biceps en plastique, de pectoraux exagérés, de fessiers surgonflés et de cuisses et autres muscles factices puant la piquouse et les poudres les plus diverses. Toute cette musculature difforme semble constituer par-dessus les corps véritables des sortes d'armures, des enrobages artificiels donnant à ces gars pourtant torse nus l'illusion de l'habillement. En lieu et place d'exalter les corps, ces formes semblent les masquer. A l'instar d'une femme qu'une chirurgie plastique immesurée aurait par trop ostensiblement transformée, il est patent que ces gars n'ont pas des corps normalement humains, perdant par-delà tout sex appeal (c'est mon opinion et je la partage).
Allons à ...Milano... ! La fashionita city de l'italiano-pouffita-glitterita-attitude.
Les hétéros sont habillés la bas comme les gays: ultra-fashonisé, super-guccisé et mega-dolce-gabbanisé... Hétéro, gays, dans la rue ou dans le train, tout le monde matte tout le monde. Avec sa veste courte à capuche à fourrure et son jean porté au-dessous de l'équateur fessier, la pétasse milanaise est même la seule qui arrive, au creux de l hiver, à montrer son string qui dépasse de son jean...
Milano restera Milano... la vie en glamourama techni-dindo-color.
...Et pourtant il est possible de voir encore pire dans le domaine de l'italo-dindo-pétasse attitude ultra superficielle: simplement en allant prendre l'air un samedi après-midi dans la petite ville de Como, au bord du lac du même nom, entre milan et la frontière suisse.
Lugano, Locarno, Como... on sait que ce sont des villes chics avec des grands hôtels et des magasins hors de prix, de fringues et de design. Mais en revanche on n'est pas forcément averti que la rue piétonne du samedi après-midi était à ce point remplie de jeunes, tous hyper branchouille: tous les 2 mètres il y a de quoi se retourner sur des crêtes et coiffures aero-portées ou autres touffes de cheveux improbables, le tout accompagné de fringues m as tu vu bardées de Prada et brocardées de D&G dans tous les sens, genre double jeans et toutes options incluses (capuche a fourrure, quicaillerie Gucci à tous les poignets, lunettes à dégivrage automatique, jantes alliage... mais je m'égare !)
Dès 15 ans les mecs de Como sont décoloré recolorisés, brûlés aux UV (en plein mois de janvier), la rue est semée de coiffures pas possibles...mais au-delà de l'illusion des apparences et des heures certainement passées devant le miroir, ils faut reconnaître que les garçons sont quand même vraiment très très beaux...
De mon temps, en France, les jeunes au collège ou au lycée portaient des Levis ou des Nike ... ici ils tombent dès 14 ans dans le Gucci l Armani et le Versace; toutes choses fort peu économiques pour le budget parental...
On ne sait ainsi comment distinguer gay ou hétéro, et tous les jeunes sont à fond dans ce trip fashion-pouffe. A toulouse, conformisme gay toulousain débardeur noir et cheveux courts oblige, des mecs fringués comme à Como on en voit à peine 2 ou 3 dans les boites gays, alors qu a Como c est toute la rue qui est comme ca...
Ca change aussi du Delaveine ou RG ultra cheap fièrement arboré par le minet banlieusard le samedi après-midi place capitole. On en est à des années-lumière..
Certes, je pourrais m'attarder et approfondir des descriptions complètes de tous les milieux gays de toutes les villes que j'ai visitées en Europe et ailleurs... je n'en ai hélas pas le temps. Qependant, pour des infos pratiques sur toutes destinations que j'ai essayées contactez moi !!!

